Depuis des semaines, François Hollande assurait aux Français que l’objectif de 3% de déficit public serait tenu en 2013.

Rattrapé par la dure réalité économique, piteusement, il a été obligé de confirmer, lors de son déplacement à Dijon, que le déficit serait, comme le prévoyaient tous les experts, plus proche de 3,7% que de 3%. Une nouvelle fois le gouvernement ne tient pas ses engagements. Et c’est lourd de conséquences. En se fixant un objectif qu’il ne peut atteindre, le gouvernement va perdre la confiance des agences de notation, qui n’hésiteront pas à dégrader la note de notre pays, et des places financières qui lui prêtent l’argent nécessaire pour boucler les fins de mois. Le coût de nos emprunts risque très fortement de se surenchérir, aggravant un peu plus le poids de notre dette.

Il était malheureusement prévisible que le déficit dépasserait l’objectif annoncé. Car, au-delà des déclarations d’intention, pour atteindre un but il faut s’en donner les moyens. Comme aurait pu le dire Monsieur de La Palice : si le gouvernement veut réduire la dette, il doit commencer par ne pas la creuser ! Et donc ne pas dépenser l’argent qu’il n’a pas. Les exemples sont nombreux : suppression du jour de carence pour les fonctionnaires, augmentation de l’Allocation de rentrée scolaire, retour à la retraite à 60 ans pour 100 000 français…. Et plus grave, dans le projet de loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République, adopté par l’Assemblée Nationale, il est prévu la création de 60 000 postes d’enseignants sur 5 ans[1].

Selon la définition de la 9ème édition du dictionnaire de l’Académie : « une politique de gribouille, est une politique qui mène au contraire de ce qui était souhaité. » Une définition qui s’applique parfaitement au gouvernement !



[1] Entre 1990 et 2007, le nombre d’élèves a baissé de 610 000 tandis que le nombre de professeurs augmentait de 85 000 !