Le Président de la République connaît une chute vertigineuse de sa cote de popularité. Depuis que ces sondages existent, aucun Chef d’État de la Vème République n’avait atteint un tel taux de défiance[1]. Comment François Hollande a-t-il pu en arriver là après seulement 18 mois de présidence ? Pour bien des raisons et la liste que je dresse n’a pas prétention à être exhaustive.

La 1ère raison tient aux conditions mêmes de son élection. Comme l’a formulé Jean-Louis Borloo, le Président de la République est « l’enfant de deux hôtels, le Fouquet’s et le Sofitel de New-York.» Le Fouquet’s parce qu’il est le symbole du rejet de la personnalité de Nicolas Sarkozy et le Sofitel parce qu’il marque la chute de Dominique Strauss-Kahn et sa sortie de la vie politique. Si François Hollande a été élu, bien évidemment démocratiquement et il ne s’agit pas ici de remettre en cause son élection, ce n’est pas par adhésion forte à sa personnalité ou à son projet politique mais bien par rejet de son prédécesseur et par manque de leader socialiste charismatique.

La 2ème raison tient au caractère de François Hollande. A l’évidence, il a des difficultés majeures à trancher, à décider. C’était déjà le cas lorsqu’il était 1er secrétaire du Parti Socialiste et chacun sait que c’est Stéphane Le Foll, l’actuel ministre de l’agriculture, qui gérait, en réalité, les affaires de la rue de Solférino.

Par ailleurs, François Hollande montre, semaine après semaine, son incapacité à « tenir » sa majorité et son gouvernement. On ne compte plus les couacs à répétition. Le dernier étant lié à l’annonce par le Premier Ministre d’une grande réforme de la fiscalité d’ici 2015. Le ministre des Finances, Pierre Moscovici, réagit d’abord négativement, vexé de ne pas avoir été consulté, avant d’affirmer, quelques jours plus tard, qu’il est, bien sûr, « totalement en phase » avec Jean-Marc Ayrault ! Et pour faire bonne mesure, le Président de la République indique que cette réforme ne peut être mise en place rapidement mais doit s’inscrire sur la durée du mandat.

4ème raison : le Chef de l’État a une propension absolument incroyable à se mettre tout seul dans des situations inextricables. C’est le cas avec la très difficile question du chômage. Comment peut-il annoncer et réaffirmer à plusieurs reprises que la courbe du chômage s’inversera d’ici la fin de l’année 2013 et que c’est sur ce critère qu’il demande aux français de le juger ? Mais que font ses conseillers en communication ?

Enfin, le Président de la République a pris, ou a fait avaliser par sa majorité parlementaire, des décisions avant de revenir rapidement et piteusement sur celles-ci. Depuis un an et demi les exemples sont nombreux, le dernier en date concernant l’écotaxe. Ce qui est condamnable ce n’est pas de l’avoir retirée, c’est le fait d’avoir voulu l’instituer dans le climat d’overdose fiscale actuelle. Mais tout cela donne l’impression fondée d’un Chef d’État velléitaire.

Ce très faible niveau de popularité pose question. Comment peut-on continuer à gouverner la France dans ces conditions ? Les Français sont particulièrement sceptiques sur la capacité d’action du Président de la République et de son gouvernement. Aux crises économique, sociale et sociétale s’ajoute aujourd’hui, de par la personnalité de François Hollande, une crise de défiance.

 


[1] 20%d’opinions favorables, sondage Ifop réalisé du 8 au 16 novembre pour le Journal du Dimanche.